
Anonim
Le Livre de Dede Korkut est un recueil de contes épiques populaires qui narrent la vie, l'héroïsme, les traditions et les valeurs morales des Turcs Oghouz. Étant anonyme, il constitue l'œuvre de transition la plus importante entre la période épique et la narration populaire. Il est écrit dans un mélange de vers (poésie) et de prose.
La lutte pour la survie menée par les seigneurs oghouzes pour défendre leur honneur et protéger leur terre natale contre les ennemis infidèles, les monstres surnaturels (Tépégoz, etc.) et, parfois, contre les rivalités et rébellions intestines (le conflit entre Oghouzes de l'Intérieur et Oghouzes de l'Extérieur).
L'Anatolie orientale, le Caucase, les rives de la mer Noire, les contrées des Oghouzes Intérieurs et Extérieurs ; de hautes montagnes enneigées, des fleuves tumultueux et les forteresses des mécréants ennemis (byzantins/géorgiens).
Une époque légendaire sans ancrage historique précis, où s'entremêlent les anciennes croyances chamaniques des nomades turcs et les premiers éléments de l'islam naissant.
Épique, héroïque et par moments tragique ; une atmosphère sacrée où l'héroïsme, l'honneur et la vaillance priment sur toute chose, imprégnée de touches surnaturelles et divines.
Le point de vue du sage barde (Dede Korkut), qui transmet les récits dans une langue épique, musicale, rimée et didactique, scandant et déclamant les hauts faits de la lignée.
Nul ne peut recevoir de nom sans avoir prouvé sa bravoure, tranché des têtes et versé le sang. Rompre sa parole est la pire des infamies. Les bénédictions comme les malédictions proférées par des figures vénérables telles que Dede Korkut ou les parents s'accomplissent sur-le-champ. Les interventions surnaturelles (le secours de Khidr, la venue de l'Ange de la Mort) font partie intégrante de la vie. L'orgueil démesuré finit inévitablement par être châtié par la main divine.
La structure tribale et clanique des Turcs oghouzes, société guerrière semi-nomade. Bien qu'il s'agisse d'un ordre apparemment patriarcal, les femmes (épouses, mères) combattent, ont leur mot à dire dans les successions et jouissent d'un profond respect ; un espace culturel où l'hospitalité et la bravoure constituent les valeurs suprêmes.
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Dede Korkut est le mentor spirituel de Salur Kazan, le grand bey des Oghouzes. Le bey Kazan lui voue un profond respect et s'en remet à sa sagesse lors des affaires cruciales et des litiges.
Lorsque de graves crises éclatent lors de la révolte des Oghouzes de l'Extérieur ou des attaques d'infidèles, Kazan Bey fait toujours mander son grand-père Korkut pour requérir ses conseils.
Alors que le père se désole de l'inexpérience d'Uruz sur le champ de bataille et le sous-estime, ce dernier brûle de faire ses preuves. Débutée dans la friction, cette relation se meut en une fierté profonde lorsque le fils démontre sa bravoure.
Les larmes de Kazan Bey à la chasse en constatant qu'Uruz n'a pas encore versé le sang de l'ennemi, puis la capture d'Uruz au combat contre les infidèles et sa volonté de se sacrifier pour son père.
Un lien hiérarchique puissant et passionné, fondé sur un profond respect mutuel et l'égalité d'âme. Dame Bourla est une guerrière capable de sauver Kazan Bey au besoin, et une épouse si loyale qu'elle est prête à payer le plus lourd tribut pour préserver son honneur.
Lors de la capture de Kazan ou du pillage de son campement, Dame Bourla ceint elle-même l'épée pour affronter directement l'infidèle.
Bien que Dirse Khan, trompé par les calomnies de ses hommes jaloux, blesse son fils d'une flèche, Boghatch Khan ne nourrit aucune rancune envers lui. Même si le père cède à un piège impitoyable, le fils incarne l'obéissance absolue et le pardon.
Guéri grâce à l'intervention de Khidr après avoir été frappé, Boghatch accourt pour délivrer son père capturé des mains des quarante traîtres.
Bien qu'ils aient été promis l'un à l'autre dès le berceau, leur amour se scelle sur le terrain par des épreuves de force et d'adresse. Une séparation de seize années est surmontée grâce à leur fidélité inébranlable : ce sont deux amants intrépides, parfaitement égaux.
Lorsque Beyrek, sous les traits du barde fou, révèle sa véritable identité en rappelant en vers leurs anciens duels de tir à l'arc et de lutte.
Marquée au départ par un orgueil démesuré et une arrogance téméraire, cette relation se transforme en prise de conscience de l'impuissance humaine face à la puissance divine, laissant place à la terreur et à une allégeance absolue.
Dumrul menaçant Azraël de son épée et le pourchassant, jusqu'à ce qu'Azraël, ayant pris l'apparence d'un pigeon, le jette à bas de son cheval et s'abatte sur sa poitrine.
Bien qu'ils aient grandi au même foyer (et côte à côte comme des lionceaux élevés ensemble), leur relation se transforme en une lutte entre le bien et le mal. Basat met fin aux jours de son frère de lait qui plongeait les Oghouzes dans le deuil et l'effroi.
Basat, après avoir aveuglé Tepegöz en lui brûlant son unique œil, rejette toutes les supplications perfides de ce dernier qui espérait sauver sa vie en disant « nous avons fauté, ne le fais pas, redevenons frères », et lui tranche la tête.
Une relation qui débute par des liens de parenté respectables se transforme, à la suite de l'orgueil blessé d'Aruz, en une lutte de pouvoir mortelle et une rébellion. L'ambition d'Aruz entraîne la division des Oghouzes.
Aruz, chef des Oghouzes Extérieurs, se rebellant et déclarant son hostilité à Salur Kazan pour ne pas avoir été convié à son banquet, puis assassinant Beyrek.